Les épisodes de chaleur qui frappent les exploitations deviennent plus fréquents et plus intenses, affectant production et bien‑être animal. Les éleveurs signalent une baisse d’ingestion, une respiration plus rapide et des comportements de recherche d’ombre chez les vaches laitières.
La hausse moyenne de la température observée depuis 1980 pèse désormais sur les plans d’élevage et sur les stocks fourragers disponibles. Pour agir rapidement, gardez en tête les points essentiels ci‑dessous.
A retenir :
- Ombrage permanent pour points d’abreuvement et zones de repos
- Ventilation transversale et effet cheminée en bâtiment laitier
- Ration concentrée et eau accessible jour et nuit
- Surveillance THI et suivi sanitaire des animaux vulnérables
Après ces priorités, conduite du troupeau face aux fortes chaleurs : ajuster bâtiments, ombrages et gestion des pâtures pour maintenir la santé
Ce chapitre détaille les aménagements structurels permettant de réduire le THI et la charge thermique sur les animaux. Selon Web‑agri, une ventilation croisée et un effet cheminée améliorent sensiblement l’évacuation de chaleur dans les bâtiments. Ces améliorations préparent la gestion alimentaire et l’usage de compléments adaptés en période chaude.
Assurer un flux d’air permanent reste l’action prioritaire pour réduire l’inconfort et la fréquence respiratoire. Selon l’Institut de l’élevage, l’association ventilation naturelle et ventilateurs mécaniques est souvent la plus efficace. Ces dispositifs doivent être couplés à un nettoyage régulier pour limiter les risques sanitaires liés à l’humidité.
La présence d’ombre et d’abreuvoirs à capacité suffisante influence directement le temps d’exposition à la chaleur des animaux. Selon Web‑agri, faciliter l’accès à l’eau limite la déshydratation et maintient l’ingestion. Cela conditionne un passage fructueux vers des stratégies alimentaires ciblées pour compenser la moindre consommation.
Mesures immédiates troupeau :
- Rentrer en journée les animaux fragiles
- Instaurer plages de pâture nocturnes
- Augmenter capacité des abreuvoirs
- Positionner haies pour ombrage sans bloquer le vent
Indice THI
Température équivalente
Comportement observé
Impact sanitaire
68
≈ 22°C à 50% humidité
Inconfort, halètement, moins d’ingestion
Risque accru d’acidose et baisse de production
72
températures modérées supérieures
Réduction nette de pâture et activité
Moindre expression des chaleurs chez les femelles
76
pics de chaleur marqués
Comportements d’évitement de la chaleur
Risques accrus d’avortement en début de gestation
>80
conditions extrêmes
Stress sévère, recherche d’eau constante
Risques sanitaires et pertes de production importantes
« J’ai rentré mes vaches la semaine dernière et j’ai constaté une reprise d’appétit dès la première nuit plus fraîche »
Pierre D.
Ce passage détaille l’aménagement des bâtiments pour réduire le stress thermique
La conception du bâtiment influence directement la capacité à évacuer la chaleur accumulée dans la journée. Des bardages à claire voie et des faîtières favorisent un effet cheminée naturel, améliorant le renouvellement d’air. L’ajout de ventilateurs horizontaux renforce l’homogénéité thermique et le confort des animaux pendant les pics de chaleur.
Matériaux et isolation jouent un rôle souvent sous‑estimé pour limiter l’accumulation thermique des toitures. Une isolation réfléchissante et des tuiles ventilées réduisent les apports solaires et la température intérieure. Ces investissements limitent aussi la condensation et améliorent les conditions sanitaires à long terme.
Ce point examine l’ombre et l’organisation des parcelles pour préserver les prairies
L’ombrage bien positionné protège aussi les sols du piétinement intense durant les canicules, favorisant la reprise végétale après la sécheresse. Selon Web‑agri, l’utilisation de haies et d’agroforesterie réduit l’impact thermique sans empêcher la circulation de l’air. Cette approche combine bien‑être animal et résilience des prairies en préparant les prochaines rotations.
En parallèle, alimentation et compléments nutritionnels pendant les coups de chaleur : adapter rations, additifs et stratégies de suppléance pour maintenir production
Lorsque l’ingestion baisse, concentrer la ration permet de maintenir l’apport énergétique sans surcharger le rumen. Selon l’Institut de l’élevage, augmenter la densité énergétique et ajouter des additifs tampons réduit le risque d’acidose. Ce réglage alimentaire prépare l’usage ciblé de produits et services proposés par des acteurs du secteur.
Plusieurs entreprises spécialisées proposent des solutions adaptées pour le bétail en stress thermique, allant de compléments à la surveillance. VetoPharm, Virbac et EVIALIS sont cités pour leur gamme de produits de santé et d’additifs favorisant l’ingestion. La Coopérative Agricole et Sodiaal participent aussi à l’orientation technique et logistique des élevages concernés.
Alimentation ciblée troupeau :
- Augmenter densité énergétique des rations
- Utiliser tampons et levures pour stabiliser le rumen
- Ajouter plantes stimulantes de l’appétit si nécessaire
- Distribuer aliments frais pendant les heures fraîches
Entreprise
Rôle principal
Application
Observation
VetoPharm
produits vétérinaires
soins et prévention sanitaire
souvent mobilisée en épisodes sanitaires
Virbac
pharmacie animale
vaccins et traitements
intervention sur risques infectieux liés à stress
EVIALIS
additifs et levures
stimulation appétit et rumen
amélioration de l’ingestion constatée
Allflex
monitoring et identification
capteurs et alertes comportementales
suivi des variations d’ingestion et repos
Roullier
solutions fertilisantes
amélioration des prairies
meilleure résilience des parcelles
Sodiaal
coopérative laitière
appuis techniques et logistiques
accompagnement des éleveurs au cas par cas
« J’ai introduit des levures et j’ai vu la consommation remonter progressivement pendant la canicule »
Sophie L.
Ce chapitre explique les compléments utiles et leurs rôles concrets pour le troupeau
Les compléments à base de levures et d’oligo‑éléments permettent souvent de stabiliser l’appétit en période chaude. Selon Web‑agri, certains produits améliorent la capacité d’ingestion et la qualité du colostrum. Leur utilisation doit cependant s’inscrire dans un dispositif vétérinaire et nutritionnel adapté au troupeau.
Choisir un produit implique d’évaluer son impact sur la rumination et l’équilibre acide‑base du sang. Les tampons jouent un rôle préventif contre l’acidose induite par des concentrés plus denses. Il convient de travailler avec un conseiller nutritionnel pour doser et intégrer ces apports efficacement.
Ce segment met en regard solutions techniques et services pour l’accompagnement des élevages
Des prestataires proposent des services combinant monitoring, conseil et fourniture de produits adaptés aux périodes chaudes. Boviteq, Agrivex et Ceetal figurent parmi les acteurs mentionnés pour la génétique, l’équipement et les solutions d’alimentation. Ce lien entre technique et conseil facilite la mise en place de mesures préventives et curatives rapidement.
Ensuite, aménagement des pâtures et suivi sanitaire des animaux : organiser rotations, haies et surveillance pour prévenir les effets à long terme
La gestion des parcelles influence directement la durée d’exposition et la reprise des prairies après sécheresse. Selon le CRA‑W, des haies bien positionnées apportent ombrage sans bloquer la circulation d’air, ce qui préserve la pousse et réduit le piétinement. Cette organisation prépare aussi la surveillance sanitaire instaurée pour détecter rapidement les animaux fragilisés.
Une étude menée sur la ferme expérimentale de Derval a montré l’intérêt d’un ombrage ponctuel pour les génisses en période de THI élevé. Les lots avec parasols ont présenté moins d’agressivité et une meilleure tenue debout pendant les pics de chaleur. Ces observations encouragent la replantation de haies et l’étude d’agroforesterie adaptée aux rotations.
Mesures pâtures pratiques :
- Planifier rotations pour limiter surpâturage estival
- Installer abris ou parasols sur parcelles stratégiques
- Préserver points d’eau et accès à l’ombre
- Repos long des parcelles après canicule
Ce segment illustre le cas de Derval et les enseignements pratiques pour les pâtures
À Derval, des parasols ont servi de simulateurs d’arbres pour protéger des génisses pendant les pics de chaleur. Les animaux ombragés ont moins montré d’agressivité et ont mieux supporté l’épisode de THI supérieur à 76. Ce retour d’expérience invite à raisonner l’agroforesterie en tenant compte du flux d’air entre les lignes d’arbres.
« L’ombrage m’a permis de sauver la croissance de certaines génisses malgré la canicule prolongée »
Marc R.
Ce volet propose une surveillance renforcée et les outils disponibles pour suivre le troupeau
Le suivi comportemental et physiologique permet d’anticiper les dégradations de l’état corporel et sanitaire des animaux. Allflex et d’autres solutions de monitoring fournissent des données sur activité, ingestion et température cutanée. Ces outils, combinés aux visites vétérinaires, réduisent les délais d’intervention et améliorent la gestion des risques.
« La surveillance en continu m’a alerté d’un lot de vaches qui buvaient davantage, ce qui a évité une descente de production »
Dr. Elise M.
Sources complémentaires et recommandations pratiques doivent rester accessibles pour les éleveurs souhaitant agir concrètement. Selon Web‑agri, une combinaison de mesures structurelles, alimentaires et de surveillance donne les meilleurs résultats. Ces éléments guident le choix des priorités et des partenaires techniques pour l’élevage.
Source : Benoît GEORGES, « L’essentiel à savoir pour protéger son troupeau des coups de chaud », Web-agri, 28 juillet 2020 ; Benoît GEORGES, « Quand la chaleur menace les vaches : comprendre et prévenir le stress », Web-agri, 16 juin 2022 ; Benoît GEORGES, « CRA-W et WALAKIS rapports sur adaptation agricole », Web-agri, 13 août 2025.